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Luc Mattenberger, Peak Hour, 2018

Les sculptures, vidéos et installations de Luc Mattenberger présentent des éléments issus du monde impersonnel et froid de la machine et de la technique : par leurs formes (cônes, tubes, roues dentées…), le choix des matériaux (métal chromé, câbles, chaînes, caoutchouc, etc.) ainsi que par leur système de monstration (fixation au mur, suspension au plafond, motorisation…) ils en suggèrent un usage, si ce n’est une utilité, en lien avec le corps. Le spectateur se voit ainsi souvent confronté à un dispositif autoritaire et inquiétant, de l’ordre de la contrainte ou de la menace.

De même, le livre Peak Hour met en scène un espace aseptisé, glacé, voire carcéral, de carrelage blanc, dans lequel s’insèrent quelques réalisations récentes. Par exemple, la grande installation For the People, réalisée en 2017-2018 à Marfa et inspirée du monde géométrique de Donald Judd, démontre comment un dispositif architectural impose aux usagers des postures particulières. Les recherches les plus récentes de l’artiste abordent ainsi les notions de contrainte non seulement corporelle mais aussi mentale, intégrant le son et la lumière, et même les techniques de méditation en pleine conscience, dont Mattenberger interroge les usages détournés et délétères.

L’artiste a séjourné à Berlin de janvier à juin 2013.