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Bourses Déliées Arts visuels 2019

Attentif depuis de nombreuses années aux jeunes artistes formé.e.s à Genève, le Fonds cantonal d’art contemporain met à disposition, sous la forme d’un concours, des bourses réservées aux jeunes créatrices et créateurs issu.e.s de la Haute école d’art et de design (HEAD – Genève) dans l’année qui suit leur diplôme.

Destinées à leur apporter un soutien, ces bourses permettent aux artistes plasticiens, tout comme celles destinée aux designers, de réaliser un projet personnel après leur diplôme et de le diffuser par le bais d’une exposition et d’une édition. La conception graphique de l’édition 2019 a été confiée à Alex Dujet de Futur Neue.

Participant de manière active à l’accrochage, les artistes se saisissent ensemble du lieu d’exposition pour proposer une mise en espace concertée de leurs travaux respectifs, en dialogue étroit avec Carole Rigaut, directrice de Halle Nord.

Gustave Didelot, Basile Dinbergs, Isabel Guerrero et Camille Lacroix sont les quatre artistes récompensé.e.s en 2018 et programmé.e.s à l’espace Halle Nord, du 11 octobre au 2 novembre 2019.

Le travail pictural de Gustave Didelot, centré sur le dessin, s’inspire de la culture populaire et de souvenirs d’enfance. Ses grandes peintures narratives s’accompagnent parfois de figurines, qui en complètent l’installation et l’aspect ludique. En déclinant ses personnages sur un jeu de cartes « collector », comme un retour à ses sources d’inspiration, il souhaite diffuser ses œuvres sur un nouveau format, hors du cercle fermé de l’art contemporain. Il présente ses cartes sur des plateaux posés sur des lutrins, comme des exemples de parties en cours.

Basile Dinbergs se saisit de toutes sortes de médiums pour mettre en place des dispositifs de rencontres et de questionnements sociaux, dans une approche engagée, collaborative et pluridisciplinaire. Il aime explorer des espaces non conventionnels, biaiser les attentes et les solutions toutes faites, susciter le débat, souligner les tropismes de l’art contemporain. Questionnant le principe même d’exposition et de lieu réservé à l’art, il revisite la signalétique de Halle Nord par une enseigne nomade délibérément peu explicite. A l’intérieur de l’espace, des éléments tridimensionnels font penser à une exposition en cours de montage. Un petit texte de présentation explicite la démarche.

Dans son projet MURO (Musée roulant), Isabel Guerrero mène une enquête comparative et interactive sur les outils pédagogiques mis en œuvre dans son Pérou natal et en Suisse. Elle se sert d’un dispositif mobile pour présenter des archives matérielles (pupitres, ardoises, cahiers…), et pour questionner la mémoire du public. Ce travail s’inscrit dans ce qu’elle appelle TranSculpture, une démarche dans laquelle elle réassemble des objets qui ont déjà une histoire, pour en transformer et réactiver le sens dans un nouveau contexte, suscitant un dialogue vivant avec le spectateur.

Par l’ensemble des petites vidéos d’Une autre histoire d’O, Camille Lacroix aborde la figure d’Ophélie comme exemple de fascination érotique, dont elle revisite les clichés académiques avec humour et dérision, dans un esprit kitsch parfaitement maîtrisé. Dans ses installations foisonnantes, légères et fragiles, les matériaux « pauvres » qu’elle utilise (films transparents d’emballage, fleurs en plastique…) se voient investis d’un saisissant pouvoir d’évocation poétique, où le bricolage éphémère se pare de charme et de délicatesse.