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Bourses Déliées Arts visuels 2019

Attentif depuis de nombreuses années aux jeunes artistes formé.e.s à Genève, le Fonds cantonal d’art contemporain met à disposition, sous la forme d’un concours, des bourses réservées aux jeunes créatrices et créateurs issu.e.s de la Haute école d’art et de design (HEAD – Genève) dans l’année qui suit leur diplôme.

Destinées à leur apporter un soutien, ces bourses permettent aux artistes plasticiens, tout comme celles destinée aux designers, de réaliser un projet personnel après leur diplôme et de le diffuser par le bais d’une exposition et d’une édition.

Participant de manière active à l’accrochage, les artistes se saisissent ensemble du lieu d’exposition pour proposer une mise en espace concertée de leurs travaux respectifs, en dialogue étroit avec Carole Rigaut, directrice de Halle Nord.

Parmi les 28 dossiers de candidature soumis par les diplômé.e.s 2019 en Arts visuels de la HEAD, le jury du Fonds cantonal d’art contemporain a retenu les 8 projets suivants :

Tomas Baumgartner s’intéresse à la façon dont les témoignages et supports de narration impactent notre imaginaire et notre mémoire. Il projette un voyage à Pompéï, pour mettre en évidence divers modes de transmission (photos, moulages historiques, corollaires publicitaires) où se mêlent histoire et fiction.

Brigida Bocini s’intéresse à la frontière entre l’organique et l’artificiel, en étudiant notamment l’image photographique amateur. Son projet, rassemblant un corpus d’images trouvées recadrées et mises en corrélation narrative, interroge l’imaginaire collectif qui associe les pupilles rouges à une altérité inquiétante, telle qu’elle apparaît dans le monde de la science-fiction.

Virginie Descamps et Nicolas Mazzi produisent des objets inspirés du design, dont ils questionnent le statut, l’usage, les modes de production, de présentation, et les codes formels. Leur projet prendra la forme d’une suite de pièces murales, peintures en trois dimensions, en métal, textile et bois, reliées visuellement entre elles dans une combinatoire ludique.

Aurélie Dubois associe divers mediums, peinture, installation, mobilier gonflable, vidéo, transfert photographique, texte, etc. Elle projette une installation sculpturale et multimédia, composée autour de modules gonflables qui feront l’objet d’une performance collective.

Dans sa pratique d’une danse populaire jamaïcaine, le dancehall, Juliette Gampert combine son intérêt pour l’émancipation féminine et une recherche sur ses origines paternelles. Son projet d’installation immersive reprendra des images de soirées, de danseurs et d’interviews tournées à Kingston, et qui seront projetées sur divers supports.

Dans leurs environnements vidéo associant des ready made, des documents open source et des performances filmées, Douna Lim et Théo Pesso explorent les rapports entre le sujet et son milieu, les conditions d’apprentissage du langage, et les liens complexes que l’humain entretient avec l’intelligence artificielle.

Les tableaux de Gabriel Nunige révèlent un univers pictural très singulier, par ses sujets, ses cadrages, sa palette et sa touche. Figures et matières semblent se métamorphoser sous nos yeux, dans des compositions instables et fluides. Son projet autour de St Christophe abordera ce sujet iconographique séculaire dans un esprit ludique mêlant sérieux et grotesque, citation classique et liberté contemporaine.

Les sculptures et installations de Paulo Wirz associent les matériaux les plus divers, bois, terre battue, feutre, verre, fruits, savon, disposés souvent sur des plateaux au sol ; elles semblent issues de rituels magiques ou de jeux étranges. Son projet aborde les techniques de la photographie et de la vidéo pour témoigner de l’évolution de la tradition chinoise du Joss Paper, coutume rituelle pour assurer la richesse matérielle des ancêtres.